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Les rapports de force diplomatiques se jouent désormais sur internet

Voici un peu plus d'un an, le site internet Wikileaks dévastait la planète diplomatique en révélant le contenu de milliers de câbles internes secrets du Département d'Etat américain.

Cet événement fut qualifié de 11 septembre de la diplomatie mondiale. Sachant que moins de 1% des câbles en possession de Wikileaks furent révélés, au départ, au public, qu'aurait été le séisme si l'association avait tout publié au départ.

Depuis quelques semaines, une groupe d'institutions financières américaines sont parvenues à se coordonner pour couper les vivres à l'association supportant Wikileaks. Ils ont bloqué ses comptes (cfr vidéo ci-dessous).

En représaille, Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a décidé de mettre en ligne tous les câbles américains qu'il avait jusque là gardé secrets, au grand dam de ses premiers alliés de la presse mondiale pour qui la publication de certains noms met en danger la vie de certaines personnes à travers le monde.

Le web, nouveau terrain de jeu de la diplomatie mondiale

Les péripéties autour de Wikileaks montrent à quel point le monde de la diplomatie est influencé et se déplace de plus en plus vers les univers virtuels.

Une récente conférence des ambassadeurs, citée dans un article du journal Le Monde, faisait clairement ce constat, voici quelques jours.

Selon l'article, la Chine et la Russie, en particulier, entendent aujourd'hui se comporter en puissances souveraines ambitieuses également en ligne. Non seulement, elles comptent défendre leur place dans leurs espaces numériques respectifs. Mais elles comptent aussi peser nettement sur ceux des autres.

Il faut dire que l'industrie digitale prend une place de plus en plus importante dans l'économie de ces pays.

« Depuis 2009, la part des technologies de l'information et de la communication dans le produit intérieur brut chinois dépasse 10 %, explique l'article du Monde. On estime que la part de l'Internet dans l'économie russe devrait passer à 5 % du PIB (hors hydrocarbures) d'ici à 2015, contre 2,1 % en 2009. Quant au nombre d'internautes, il a augmenté respectivement de 41 % et 20 % en Chine et en Russie entre 2006 et 2009″.

Développer des champions sociaux chinois ou russes

Les pouvoirs publics russes ou chinois ont largement soutenu le développement de champions nationaux, comme vKontakt ou QQ, afin de limiter l'inscription de leurs internautes sur les plates-formes américaines Facebook et Google.  Baidu, le premier moteur de recherche en Chine, a quasi autant d'utilisateurs en Chine que Google dans le monde. Le groupe chinois Tencent, lui, constitue la troisième capitalisation boursière Internet au monde.

Lorsque l'on sait que les conversations sur internet, supportées en particulier par les réseaux sociaux, font de plus en plus pencher les opinions publiques dans un pays ou l'autre, on comprend l'importance que relève, pour eux, le fait de ne pas dépendre d'un opérateur occidental. Les révolutions arabes, amplifiées grâce à l'utilisation de Twitter ou Facebook, sont bien sûr dans l'esprit de ces gouvernements. On imagine donc, pour eux, la menace supplémentaire que représente le risque d'être manipulé, à travers ces réseaux sociaux, par une puissance étrangère…

Pour autant, ces précautions ne suffisent pas toujours pour maintenir les conversations en ligne sous l'éteignoir.

« En Chine, après l'accident ferroviaire de Wenzhou en juillet, des centaines de milliers de microblogueurs ont ruiné les efforts des autorités pour minimiser la catastrophe. En Russie, le « Web citoyen » a désormais une figure emblématique avec le juriste-blogueur Alexeï Navalny qui, au moyen de son site Rospil.info, dénonce des affaires de corruption impliquant les autorités ».

 Augmenter leur influence sur la Toile

Le défi pour Pékin ou Moscou est également de diluer la dimension occidentale du web, notamment en s'impliquant d'avantage dans la gouvernance du web. L'enjeu passe, entre autres, par l'attribution de noms de domaines en russe ou en chinois.

« La Chine et la Russie entendent être des puissances numériques de premier plan. Il est certain que les entreprises de ces deux pays, encouragées par leurs autorités, vont chercher à conquérir de nouveaux marchés, ce qui pèsera inévitablement sur la physionomie générale du Web », conclut l'article du Monde.

 


Publication le 02/11/2011 00:27:29

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