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Manager en écoutant autour de soi

« L'information, c'est le pouvoir », disait Francis Bacon. Tout qui travaille aujourd'hui dans n'importe quelle entreprise peut constater tous les jours l'actualité de cette maxime. De ce point de vue, depuis des décennies, le pouvoir semble détenu par le management intermédiaire, les collaborateurs directs ou semi-direct du CEO. Dans la mesure où ces derniers filtrent l'information qui parvient au sommet, ils s'avèrent souvent les personnes les plus puissantes de l'organisation. Quitte à tordre la réalité présentée à la hiérarchie pour des raisons de stratégie personnelle ou par auto-censure (peur de déplaire). Le phénomène se produit d'ailleurs souvent en cascade, comme l'explique le consultant suédois Oscar Berg :

« Un patron, un administrateur délégué, dépend de l'information que lui fournissent ses subordonnés. Ces derniers, à leur tour, dépendent de l'information que leur font remonter les personnes en-dessous d'elles. A tous les niveaux de l'organisation hiérarchique, l'information est accumulée, filtrée, retravaillée de sorte qu'elle se présente finalement aux décideurs dans une forme qui sied aux messagers. La question de la pertinence de l'information fournie aux dirigeants d'entreprise peut dès lors se poser, dans un certain nombre d'organisation »

Voila qui explique comment des entreprises a priori très bien informées, disposant d'un service de veille adéquat, de nombreux contacts et relais pour l'avertir d'un changement ou d'un événement susceptible d'influencer le cours de leurs affaires, se retrouvent parfois à adopter des positions contradictoires avec les signaux qui leur étaient initialement parvenus de l'extérieur.

La plupart des directeurs d'entreprise sont conscients de ces travestissements, notre cependant Oscar Berg. D'aucuns compensent ces déformations en pratiquant le management dit « By walking around ». Le directeur se ballade dans l'entreprise et papote avec les  employés pour se faire une idée directe de la situation et de ce qui se dit, parfois, autour de la société. Comme l'indique ce résumé, cette attitude managériale convient bien aux directeurs de PME et aux responsables actifs dans des structures centralisée. Elle est plus difficile à mettre en oeuvre dans des groupes multi-sites. Dans ce dernier cas, différents outils informatiques peuvent s'avérer un paliatif acceptable. Les logiciels de business intelligence ou d'autres types de support informatique ne donnent toutefois pas au destinataire d'indication sur ce que les gens pensent réellement, à quel type de problèmes sont-ils confrontés, etc.

L'information, c'est le pouvoir. Bien sûr. Mais pour que l'information soit complète et efficace, il est nécessaire de prendre en compte la dimension humaine qui entoure la transmission du message. A défaut, la direction risque de passer à côté de l'essentiel.

Photo Flickr Rachel Rymer

Publication le 22/06/2009 16:06:01

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