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Offshoring: la carte mondiale des délocalisations de services se redessine

Call centers, développement d'applications informatiques, traitement de documents comptables, gestion de dossiers médicaux, des tests de laboratoires… Toutes ces activités de service sont depuis longtemps délocalisables. On connaît la pratique sous le nom d'offshoring.

Les premiers pays à bénéficier de ce paquetage étaient les quatre BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). De très grandes entreprises comme IBM comptent désormais plus d'employés dans ces pays que dans leur pays d'origine. En janvier dernier, 115.000 salariés, soit 29% à peine de l'effectif du groupe, résidaient aux Etats-Unis. Le quatuor des plus grands pays émergents de la planète s'était arrogé, jusqu'ici, l'essentiel de ce marché mondial estimé à 55 milliards de dollars US. Peut-être plus pour si longtemps, note le Times

Le mouvement de l'offshoring nord-BRIC semble avoir atteint un palier. La Chine voudrait bien ravir à l'Inde sa position de championne de l'offshoring. Le pays bute toujours, cependant, sur la barrière de la langue, de la culture et de la protection de la propriété intellectuelle. Illustration d'un malaise qui ne se dissipe pas, ce récit de 01Informatique d'un récent débat organisé  à Pékin sur l'externalisation de services en Chine où deux consultants d'un grand cabinet international sous le feu des questions de la salle sur la question protection des copyrights ont passé leur temps à esquiver les balles, jouant d'une langue de bois sans faille…

L'Inde, quant à elle, paie le prix de son développement expéditif. Le taux d'inflation culmine à 11%. De nombreuses sociétés IT, comme les françaises Atos Origin, Cap Gemini ou Steria par exemple, se sont implantées sur le sous-continent Mais, en conséquence, les salaires et le niveau de vie local ont augmenté rapidement, réduisant le gain en termes de coût du travail.Certaines entreprises occidentales rapatrient désormais des projets, à l'instar du spécialiste américain du crédit étudiant Sallie Mae. L'affaire Satyam (scandale comptable, revenus fictifs), en outre, a entaché quelque peu la réputation du secteur indien des services IT.

La Russie, pour sa part, offre un potentiel intéressant en termes d'offshoring. Les acteurs ne bénéficient toutefois pas d'un soutien suffisant des autorités pour développer cette activité. Le Brésil, enfin, pourraient embellir la façade pour accentuer son attrait pour les activités de services. « Mais le marché est trop désorganisé pour cela, à l'heure actuelle », observe Leslie Willcocks, professeur à la London School of Economics.

La difficulté de la gestion à distance, les problèmes de fuseau horaires, la diminution des gains ou simplement des question d'image ont poussé ces dernières années certaines entreprises à revenir au pays. Ou a proximité. L'offshoring n'est pas pour autant condamné. Au contraire. Crise ou pas crise.

De nouveaux pays montent en puissance dans le domaine de l'offshoring. Ou, simplement, se découvrent une vocation. L'Egypte est dans ce cas. L'opérateur mobile britannique Vodafone, les éditeurs de logiciels Microsoft ou Oracle, ont ouvert des unités de développement sur place. Le Maroc, les Philippines, le Costa Rica ou la Tunisie gagnent également en intérêt. Les investisseurs y apprécient la disponibilité d'une main d'oeuvre qualifiée ainsi que d'infrastructures en bon état.

Précision: outre le changement partiel de localisation, les services prestés dans ces pays émergents tendent à monter en valeur ajoutée. La Pologne ou la République tchèque avaient déjà entamé ce cheminement. Les deux pays tournent quelque peu le dos des services de base pour se positionner dans activités de service appelant davantage de compétences. « Une tendance consiste à voir des activités complexe, dans le domaine de la recherche et de l'analyse de marché, par exemple, être à leur tour offshorée », relève Leslie Willlcocks. Le genre d'emplois que les assureurs ou les banques génèrent en masse sous nos latitudes. En dépit ou à cause de la crise, le marché de l'offshoring continuera de croître jusqu'en 2013, informe le professeur britannique.

Publication le 15/04/2009 19:07:37

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